C'est la plainte la plus entendue à l’EGPE 

 

Ne pas voir ses petits-enfants est douloureux à vivre pour les grands-parents qui, le temps passant, craignent de ne pas connaître les plus jeunes et de ne pas être connus d’eux.

Mais comment, pourquoi est-ce que des grands-parents gentils et aimables, appréciés de leurs amis, peuvent-ils être écartés de leurs petits-enfants ?

    

LES ORIGINES DE L’ÉLOIGNEMENT OU DE RUPTURE

 

Beaucoup de grands-parents se demandent ce que leurs enfants leur reprochent et souffrent d’autant plus de ne pas voir leurs petits-enfants.

 

  • Sources de discordes familiales

 Les sources sont aussi nombreuses que variées. Quelques exemples parmi les plus courants :

 difficultés de relations (manque d’écoute, de confiance, de respect, … de la part des parents) non réglées à l’âge adulte ;

  • jalousie ou ressentis d’injustice, manque d’amour, sentiment de ne pas être apprécié ;
  • grands-parents envahissants ;
  • manque de confiance (voire de respect) vis-à-vis des jeunes parents ;
  • critiques, doutes sur les capacités éducatives des jeunes parents …

 Il arrive aussi qu’un jeune couple, qui a été très aidé matériellement, cherche ensuite à s’autonomiser, redoutant une mainmise de ses parents sur ses enfants.

Souvent aussi, le conjoint ou l’ami du fils ou de la fille qui n’a pas vécu la même histoire familiale a pu se sentir mal accepté ce qui induit une méfiance vis-à-vis des grands-parents.

 Chacune de ces sources génère des malentendus, voire des situations risquant d’entraîner la mise à distance des grands-parents.

  •  Reproches fréquents de jeunes parents

 Ingérence des grands-parents, autoritarisme, « parole de trop », silence qui s’installe, négligences, maladresse entre les enfants ou avec les petits-enfants, …

Ces comportements deviennent insupportables et font partie des sources – souvent d’apparence bénigne – qui conduisent à une prise de distance vis-à-vis des grands-parents, souvent à la surprise des amis de la famille.

  •  Ingérence

« Je vais bientôt accoucher et j'ai envie de conserver notre indépendance pour tout ce qui concerne notre fille. Je m'entends plutôt bien avec ma mère, mais j’ai peur qu'elle ne vienne nous donner des conseils pour Isa et… je ne le supporterais pas. Je ne sais pas comment lui dire … » Sally 24 ans.

 Ma belle-mère est envahissante ! Je n’ai plus confiance en elle… Elle est bien gentille mais elle ne cesse d’acheter des vêtements pour les enfants sans demander mon avis ! Et pendant un week-end où nous étions partis, elle a «rangé » la chambre des enfants qui ont hurlé en rentrant. J’ai eu le sentiment qu’elle voulait prendre ma place !

Elle a été fort vexée lorsque je lui ai demandé de ne plus toucher à nos affaires ; cela a mis de la distance entre nous et maintenant, je me sens réticente à lui laisser les enfants. Cécile 35 ans.

  •  Autoritarisme

Mon père veut tout régenter : Il se plaint de ne plus nous voir mais il fallait toujours que nous acceptions ses conditions de week-end mensuel. Ma femme en a eu assez car les voyages étaient trop fatigants et les enfants s’ennuyaient. Il n’a rien voulu entendre. C'est dommage ! Christian père de 3 enfants.

  •  Préférences

Mes parents, mais surtout mon père, ignorent pratiquement mes deux filles, chouchoutant en notre présence les 2 garçons de ma sœur qui se montrent assez désagréables, surtout envers l’aînée (11 ans). Elle en ressent une forte injustice et cela me met très en colère. J’ai essayé d’en parler à ma mère : elle m’a dit que c’était impossible et que ma femme était simplement jalouse ! Nous n’irons pas à leur prochaine « fête familiale ». Ensuite nous verrons, car cela n’est plus acceptable. Cyril 36 ans.

 

  • Maladresse

Ma Mère a l’art de tout gâcher : nous avions fait de gros effort pour arriver à 20h et, en ouvrant la porte, elle s’est exclamée : « Oh ! Pour une fois, vous êtes à l’heure ! » J’ai failli repartir ! Marie 29 ans.

 

  • Des comportements jugés insupportables par les parents

 Impulsivité d’unegrand-mère qui perturbe les relations : « Je sais que je m’énerve vite quand les parents laissent leurs enfants crier dans la maison, mais je suis chez moi, tout de même ! »

 Distance des beaux-parents : « Je ne reproche rien à ma belle-fille et je la respecte car c'est la mère de mes petits-enfants »

 Remontrances faites aux enfants en présence des parents : « À ton âge, tu devrais savoir te tenir à table et manger de tout ! »

 Exigences des grands-parents : « Nous étions en vacances et pour la première fois, j’ai oublié l’anniversaire de mon père ! Je n’ai pas supporté la violence de ses reproches à mes enfants. »

 Injustices entre petits-enfants : « Ma mère ne prend jamais mon fils le mercredi mais elle garde  les deux enfants de ma sœur »

 Cadeaux dévalorisant pour les parents : « Sans nous consulter, mes beaux-parents qui ont beaucoup d’argent profitent des vacances pour offrir des vêtements de luxe, et même des bijoux à notre fille qui est ravie : c'est contraire à nos valeurs et cela me met en colère ! »

 Bien d’autres exemples, évoqués par de jeunes parents mais aussi par des grands-parents qui n’avaient pas eu le sentiment d’interférer sur le rôle des parents, sont sources de prise de distance ou de rupture, en raison de la colère  et/ou de la souffrance engendrée.

  •  Le silence qui s’installe

 Pour être heureuses, les relations ont besoin d’être entretenues, comme un jardin.

 Il apparaît souvent qu’à la suite d’un désagrément ou désaccord, d’une jalousie ou simple dispute, chacun attend les excuses de l’autre : « Ce n’est pas à moi de reprendre le contact … »

Lorsque le silence s’est ainsi installé et que plus personne ne veut faire le premier pas - par orgueil ou parce que la souffrance est trop forte - l’appel à un tiers, ami ou professionnel, est utile.

 

LA SOUFFRANCE : CE QU’ON EN FAIT À L’EGPE

 Des grands-parents ne savent plus comment reconstruire et ils souffrent.

 L’expérience acquise à l’EGPE depuis près de 20 ans, permet de conseiller aux grands-parents de :

  •  Ne pas rester isolés :

Des rencontres culturelles, des activités dans la société, des ateliers enrichissants et variés, sont proposés par l’EGPE à tous les grands-parents pour rester en phase avec la société d’aujourd’hui et éviter tout repli sur soi.

Ils permettent −  par les échanges, la réflexion, le travail bénévole − d’échapper à  « l’enfermement de la souffrance » qui devient destructeur dans les relations.

  • Ne pas tarder à se faire aider :

C'est souvent en racontant devant un professionnel « l’événement déclencheur d’une rupture » que les grands-parents prennent conscience de son impact sur leurs enfants.

 Sur « Allô grands-parents » au 01 45 44 33 87   une écoutante permet d’éclairer la réflexion et d’ouvrir à des propositions ;

 Dans un entretien à l’EGPE, une psychologue :

  • Écoute les grands-parents
  • Pose des questions et provoque le questionnement
  • Essaie d’entendre où est la souffrance
  • Cherche à comprendre au-delà des faits racontés en renvoyant quelques questions …

et quelques fois, cela suffit pour enclencher quelque chose.

  •  Une médiation peut alors être envisagée.