Ça sert à quoi les grands-parents ?
Pour faire court, ça sert à aimer les petits enfants

Marie-Françoise Fuchs (fondatrice EGPE)
 

Grands-parents d'aujourd'hui : qui sommes-nous ?

Un grand-parent d'aujourd'hui - homme ou femme - ne se reconnaît pas dans les modèles du passé et pense souvent, du fait de son histoire, avoir peu de points communs avec les générations précédentes :

Selon les statistiques, il devient "grand-parent" autour de 50 ans, période charnière du basculement social dans la catégorie des "vieux", du nid vide avec le départ de ses propres enfants, de la cessation prochaine ou effective des activités professionnelles, tout ceci provoquant une restructuration du temps libéré.

Il a bénéficié du plein emploi dans sa jeunesse, des avancées fondamentales du statut de la femme, de la libération des mœurs et des lois, du confort et des facilités de vie inconnus de ses grands-parents et il dispose de revenus plus substantiels que les générations précédentes car la femme a souvent exercé un emploi.

Il (et surtout elle) a appris avec Françoise Dolto et autres spécialistes à exprimer ses sentiments et pense ainsi pouvoir entretenir de bonnes relations avec ses enfants et créer des liens de complicité et de tendresse avec ses petits-enfants dont il "profitera" durant plusieurs décennies.

Il se voit et se veut un grand-parent moderne.
Reste que s'affirmer comme grand-parent est un choix de vie et une conquête permanente.

- Trouver sa juste place
- Respecter la bonne distance sans être ni indifférent ni envahissant

On ne peut être grand-parent sans la volonté de nos enfants : s'ils ne nous informent pas de l'arrivée d'un bébé, nous ne pouvons le savoir ; c'est un cadeau qu'ils nous font …

Etre grand-parent s'impose naturellement mais, avec le temps, on découvre qu'il n'est pas évident de tenir sa juste place auprès des petits-enfants : ils sont d'abord les enfants de leurs parents ; ils ne sont avec nous que si les parents veulent bien nous les confier et vouloir qu'ils nous aiment. Et cette primauté des parents est parfois difficile à accepter.

 « On préfère ne rien dire », « on fait attention à ce que l'on dit » ; « on se garde bien d'aborder les sujets conflictuels » ; " on se montre prudent " ; « on n'intervient pas car, de toute façon, ils n'accepteraient pas ».


 Grands-parents dans les mutations de la famille

"Dans ce bricolage familial en constante évolution, le rôle du grand-parent continue d'apparaître essentiel."

(Serge Guérin" Ça bouge du côté des grands-parents !" )

 À l'EGPE, nous constatons en effet qu'au cours des éclatements liés aux recompositions familiales ou autres, chaque grand-parent est touché, inquiet, préoccupé des retentissements sur ses petits enfants. Sa présence est tout à fait utile car il est un pôle de stabilité et de permanence dans les moments perturbants.

 Mais sa place n'est pas évidente : beaucoup d'attitudes peuvent être mal interprétées par les parents d'un côté ou de l'autre. Trop ou pas assez neutre, trop ou pas assez présent : il faut s'ajuster au mieux en étant très attentif à percevoir ce qui a pu ou non être bienvenu de leur part. Patience, bienveillance, compréhension, consultation de son enfant pour savoir ce qu'il souhaite, ... et courage !