Les travaux de l'EGPE, notamment par ses forums et publications, ont démontré que le maintien des liens entre grands-parents et petits-enfants est un atout éducatif très fort pour l'épanouissement d'un enfant et que des relations difficiles sont sources de souffrance de part et d'autre.


Outre l'écoute d'allô-grandsparents et les entretiens avec une psychologue, l'EGPE a développé un service de médiation, important pour le maintien des liens familiaux.

 L'action de médiation à l'EGPE : la médiation familiale

"Je n'ai qu'un fils que j'ai élevé seule étant divorcée – puis remariée lorsqu'il a été adulte. J'ai été très présente à la naissance de ma petite-fille, puis mon fils s’est progressivement éloigné en me disant qu'il était très pris par le travail et le bébé ... et ma belle-fille m'a mise de côté peu à peu. Mon fils ne répond plus au téléphone. Comment reprendre les relations ?"


Il n'est pas d'apporter des solutions, il n'a pas ce pouvoir. Il se veut facilitateur de dialogue et rend aux parties le soin de gérer le conflit en retissant des liens et en élaborant avec eux un projet concret.

La médiation proposée par l'EGPE répond à la demande de personnes - dont une des parties, au moins est senior - qui sont en difficulté de relations ou craignent une rupture définitive avec leurs enfants, ou avec des petits-enfants adultes, avec un frère ou une sœur, ou encore des amis, …

La rencontre devant une personne neutre - le médiateur - permet de mettre les choses à plat dans une totale confidentialité.

Ce service de médiation peut ainsi se révéler efficace et apaisant… car le médiateur, extérieur au problème, entend d'une part les raisons d'une volonté de rejet et, d'autre part, l'incompréhension devant cette situation vécue comme injuste :
Des deux côtés, il entend la souffrance, parfois bien cachée sous une colère évidente.

 Lorsque les grands-parents et les parents acceptent de s'engager dans cette voie, la médiation permet de rétablir le dialogue et d'aborder les points centraux du conflit afin de trouver des terrains d'entente.


Le recours à la justice

Nous constatons aussi que bien souvent, lorsque la souffrance et / ou la rancœur sont trop grandes,
certains grands-parents nous font part de leur volonté d'aller en justice, s'appuyant sur le "droit de relations" affirmé dans la Convention internationale des droits de l'enfant puis dans notre Code Civil complété par un arrêté et un décret (voir ci-dessous).

Malgré ces différentes dispositions, l'expérience acquise à l'EGPE nous permet de dire que le recours à la justice ne doit rester que l'ultime moyen d'action des grands-parents : ce sont des procédures longues, coûteuses, aléatoires et souvent traumatisantes, toujours douloureuses pour l'ensemble de la famille.

L'EGPE - à l'écoute des grands parents depuis plus de 13 ans - préconise de rechercher une solution amiable avant d'engager une procédure et, surtout, de ne pas rester isolé face à cette situation.

Pour mieux comprendre ce qu'est la médiation

Georgette Guyot a interviewé les médiatrices de l'EGPE

Pourquoi tant de médiateurs aujourd'hui ?
– Il est vrai que les notions de « médiateur et médiation » sont mises à contribution dans tous les domaines : pour une raison simple, c'est que quand on est très impliqué dans un conflit, il est extrêmement difficile de prendre le recul nécessaire pour entendre l'Autre en lui laissant la liberté de s'exprimer. Le rôle du médiateur est d'être un facilitateur de dialogue ; il a été formé à l'écoute et à la reformulation, il doit avoir un minimum de connaissances juridique et psychologique mais il n'est ni juriste ni thérapeute.

 

Si nous restons dans le cadre de l'intergénérationnel qui est le nôtre, quelle place pour la médiation ?
- Les conflits existants ont une telle intrication, reposent sur un tel passif et impliquent tant de souffrance que le recul évoqué plus haut devient impossible ; c'est alors que se manifeste l'agressivité. Dans le cadre d'une médiation, on ne cherche pas à faire l'impasse sur cette violence qui doit s'exprimer : tout peut se dire à condition que ce soit dans le respect de l'Autre. Certaines techniques de communication permettent de faire baisser la pression dans une perspective d'évolution.

 

Quelle démarche pour aboutir à une médiation ?
– Dans le cadre de l'écoute au téléphone de « Allo-Grands-Parents 01.45.44.34.93», nous sommes témoins de la souffrance (80% des appels) des grands parents qui sont privés de leurs petits-enfants. Ce désarroi se fige parfois dans une attitude obsessionnelle et revendicatrice. Dans un premier temps, nous cherchons à apaiser la peine avant d'envisager l'éventualité de renouer des liens. Parfois, le simple fait d'avoir introduit la notion de concessions nécessaires, d'avoir envisager la possibilité de trouver un consensus fait évoluer la situation. Il n'y a pas de miracle, il y a un changement d'attitude, une amorce de compréhension.

 

Quelques règles de fonctionnement ?
– Le médiateur explique qu'il n'est pas là pour donner des solutions mais pour aider les personnes à en trouver ensemble. Son rôle est de veiller au bon déroulement de la rencontre, ne pas interrompre l'Autre, répartir le temps de parole, élucider les malentendus, instaurer un esprit de non jugement, …

 

Est-il possible d'évoquer un cas qui s'est présenté en médiation ?
- Je peux relater le cas d'une jeune femme d'une trentaine d'années qui ne supportait plus les interventions et les jugements de sa mère et qui a demandé une médiation. Il fallait entendre parler cette dernière : « Moi, j'ai fait des études de médecine, j'ai fait de la psycho, de la sociologie… » « Toi tu es une gentille maman, tu es très bien mais tu ne sais pas tout ce que je sais. Je DOIS te dire… ».

La jeune femme n'en pouvait plus, elle « en crevait », elle ne voulait pas rompre avec sa mère mais voulait que la relation évolue ; elle a « balancé » tout son ressentiment par rapport à son adolescence solitaire où c'est elle qui se sentait responsable de sa mère trop occupée…

Nous avons eu deux rencontres, à deux mois d'intervalle. Il y avait eu une amélioration dans l'attitude de la mère au point qu'au cours de la seconde médiation, elle a dit à sa fille « je crois que je dois te demander pardon pour pas mal de choses qui se sont passées pendant ton adolescence ».

J'étais extrêmement étonnée que ces paroles fortes n'aient pas eu plus d'impact, pendant la médiation elle-même. J'ai rencontré la jeune femme un mois ou deux après : émue, elle m'a dit « est-ce que vous avez entendu que maman m'a demandé pardon ? »

La mère n'a pas vraiment changé mais respecte mieux le rôle de mère de sa fille et celle-ci dit qu'elle comprend mieux sa mère !

 

Le mot de la fin ?
– Je pense qu'une qualité fondamentale du médiateur est la confiance dans le potentiel humain, le potentiel de l'Autre. Tout être humain porte en soi la faculté de rebondir.

 

  • Médiation Familiale

Chaque histoire familiale est unique. Néanmoins, quelles que soient les difficultés repérées, la médiation contribue à l'ouverture, aux réajustements nécessaires permettant de rétablir une communication constructive au sein de la famille.

 
- Vous n'avez jamais vu votre petit enfant, ou vous le rencontrez trop rarement. 
   Le temps  passe, cette situation devient insupportable.
- Vous êtes parents et votre relation  est conflictuelle avec vos propres parents et /ou vos beaux-parents.
- Vous êtes confrontés à une succession qui s'avère source de dissensions et de rivalités.
- Vous êtes en désaccord avec votre fratrie à propos des décisions concernant vos parents dépendants.


La médiation peut vous permettre de renouer un dialogue constructif pour débloquer cette situation.

 
Comment se déroule une médiation ?

- Dans un premier temps, vous rencontrez le médiateur pour réfléchir ensemble à l’opportunité d’une médiation et envisager la mise  en place du processus.

- Dans un second temps, au cours d’un ou plusieurs entretiens communs et confidentiels, le médiateur favorise le dialogue dans le respect de la parole de chacun et permet ainsi de dénouer le conflit pour retisser le lien familial.

- A l’issue de ces entretiens, vous pouvez rédiger un protocole d’accord, signé par les deux parties.

- La participation financière demandée est de 30 euros par partie pour un entretien d'une durée de 1h30 environ.

Qui est le médiateur familial ?

C'est un professionnel diplômé, qualifié dans le champ de la famille.

 Tiers neutre et impartial, respectant la confidentialité des propos échangés, il accompagne parents, grands-parents et fratrie dans leur recherche de solutions acceptables pour chacun.

A l’EGPE, 5 médiateurs familiaux spécialisés dans la gestion des conflits intergénérationnels sont à votre écoute.

 

INFORMATIONS PRATIQUES

 

Rendez-vous avec une médiatrice : Tél. 01 45 44 34 93

Les rencontres de médiation sont accompagnées par des médiateurs qui sont bénévoles, comme tous les membres de l'EGPE : Monique Desmedt, Annick Escherman ; Gilles de la Perrière pour la médiation patrimoniale


Une participation aux frais de fonctionnement de l'association est demandée : 30€ par partie par rencontre de médiation.

Autres organismes de médiation :

  •  L'EGPE de ROUEN - Tél : 02 35 71 76 24
  •  L'EGPE de LYON - Tél : 04 78 25 73 87
  •  L'EGPE de LILLE - Tél : 03 20 50 73 77
  •  La FENAMEF (fédération nationale de la médiation familiale) a constitué l'annuaire des médiateurs exerçant dans une association de leur réseau : www.fenamef.asso.fr ou Tél. : 02 31 46 87 80
  •   L'Association pour la Médiation Familiale (APMF) 11 rue Beccario 75012 Paris Tél. : 01 43 40 30 09  La Caisse Nationale d'Allocation Familiale accepte parfois de prendre en compte une demande de médiation émanant de grands-parents, lorsqu'ils apportent la preuve qu'il est de l'intérêt de leur(s) petit(s)-enfant(s) d'entretenir des relations avec eux.